Blog de Amina Talhimet

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dimanche 13 juillet 2008

Oujda


Je n’aime pas le régionalisme, mais Oujda, ma ville natale, j’adore. Non pas parce que c’est une ville millénaire ( on l’oublie un peu trop souvent je trouve ), non pas parce que Omar Benjelloun y a étudié (le président Bouteflika y a fait ses études primaires aussi…à Sidi Ziane), non pas parce que Mandela s’y est arrêté avant de rentrer chez lui pour y être jeté en prison par le régime Apartheid, à Robben Island durant presque 30 ans,…Non, enfin si un peu quand même aussi pour tout ça. Mais ce que j’aime pardessus tout c’est l’atmosphère de cette ville.

mercredi 2 juillet 2008

Libre



Ingrid Betancourt est libre. Enlevée il y a plus de six ans par le mouvement terroriste des FARC (marxiste) Ingrid Betancourt, militante écolo franco-colombienne, a été liberée par l'armée colombienne. Génial, voilà au moins une "histoire" d'otages qui se termine bien.

dimanche 29 juin 2008

Propagande(s)



Un port de pêche (Sidi Ifni) a été occupé pendant plus d’une semaine par des citoyens. Ils avaient des revendications, enfin une : ils voulaient que tout le monde puisse obtenir un travail décent. Trois d'entre eux avaient été reçus dans un concours, mais ce n'était pas suffisant, tous voulaient un travail. Pour ce faire ils ont durant plusieurs jours empêchés des pêcheurs, leurs semblables dans les faits, de vendre une quantité importante de poisson (environ 800 tonnes) afin de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.

Le travail c’est la dignité. Dans le monde d’aujourd’hui, la prise d’otage et le rejet du dialogue sont peu à peu en train de devenir une « arme » pour obtenir gain de cause. L’intervention des forces de l’ordre fut ce qu’elle fut. Plus violente que d’habitude parce que les manifestants ont réagi avec une certaine violence aussi. Parmi les 44 blessés, près de la moitié sont des policiers.

Alors que les policiers ont usé de matraques, leur outil de travail dans ce genre de cas, les manifestants, les plus en phase avec les nouvelles technologies ont utilisé leurs téléphones portables et internet. Ils se sont donné le rôle de victimes, puisque c’est eux qui contrôlaient l’image. Leurs images ont fait le tour du monde. Elles ont provoqué des manifestations dans certaines capitales européennes, parce qu’effectivement cauchemardesques.

Il y était question de viols, de saccages de maison, et peut-être même de sang. Mais sur ce dernier point, il n’existe aucune preuve de décès. Les ONG que ce soit ATTAC, la FIDH, ou l’AMDH ont réfuté l’existence de mort(s).

La première dans cette affaire, c’est que « l’information » est d’abord venue des images filmées par les manifestants. Ils étaient les héros de ce film d’horreur, ceux qui dévoilaient "l’effroyable" visage de l’autorité, appellé à tort et à travers Makhzen au Maroc. A aucun moment il n’y eut volonté d’équilibre, à savoir, filmer des manifestants à terre mais aussi des policiers à terre. Les images étaient à l’état brut, sans aucune explication, sans prise de distance, elle n’avaient , en réalité, rien à envier à la propagande des télévisions officielles.

Elles rappelaient, un peu le fameux slogan de Randoplh Hearst qui à la fin du XIXème siècle dans l’affaire du Maine lançait à ses journalistes: « fournissez moi des images, je vous fournirai la guerre ».

Les nouveaux médias ont effectivement démocratisé l’image, les victimes ont une voix. Mais cette nouvelle forme de propagande est à double tranchant : elle peut faire évoluer la société, rappeler à l’Autorité que tout ne doit pas être permis, mais elle peut aussi déformer les faits en faisant passer sa vérité, celle de ses images et de ses slogans, comme infaillibles.

Ce que je souhaite pour ma part c'est que la libéralisation du Paysage audiovisuel donnera au moins naissance à une émission genre "Arrêtes sur images" à la Daniel Schneiderman, bien meilleure il faut le dire que le "Revu et corrigé" de Paul Amar.

jeudi 19 juin 2008

Gâchis politique




L’Union socialiste des forces populaires (USFP) nous aura livré une bien piètre image de la politique le week end dernier lors de son VIIIème congrès. De ce qu’est devenue la politique au Maroc. On ne se chamaille plus pour des valeurs, au nom des idées, de ce que peut encore faire la gauche dans une société inégalitaire, politiquement sous-développée, mais pour se frayer une place au gouvernement ou ailleurs. Dans le but d’être parachuté là où l’argent coule à flots.

Des gens se sont étripés, se sont crêpés les chignons au nom de rien. Pour justifier l’horreur politique à laquelle l’on a assisté ils se sont une nouvelle fois créé un ennemi de l’extérieur. Un grand méchant loup né pour détruire un parti socialiste marocain « jalousé par tous les socialistes du monde » !

Comment expliquer à cet immense parti que le passé c’est le passé. Que les nouvelles générations de marocains, celles qui ont au moins 25 ans aujourd’hui n’ont connu que ce parti au pouvoir. Qu’ils ne peuvent plus jouer la carte de l’oppression passée, de la censure, de l’opposition au pouvoir central.

Terrible et incompréhensible que ce gâchis. Une société moderne ne peut fonctionner sans partis politiques sérieux. On aura beau dire, beau faire, les ong ne feront jamais une nation démocratique.

Le drame du Maroc aujourd’hui, n’est pas celui des ong qui font leur boulot comme elles le sentent, bien ou mal, là n’est pas la question, mais celui des partis politiques. Plus particulièrement d’un parti socialiste qui refuse de se remettre en question, de s’adapter à une société déprimée pour qui même le soyons réalistes rêvons le « possible » est devenu inaccessible.


lundi 16 juin 2008

Youssef Chahine...



Youssef Chahine dans le coma, moins d’un mois après la mort de Sydney Pollack et de Dino Risi, c’est désespérant.

Terrible ce coma du plus grand et du plus touchant des cinéastes égyptiens. Le little big man d’Alexandrie nous aura offert de merveilleux moments de très grand cinéma. De son déchirant « Moineau » à sa « gare Centrale », de son »Emigré » a sa « Terre », de son inoubliable « Destin » à ce magnifique « Autre », il restera l’un de ces rares très grands cinéastes qui nous auront tant fait aimer le 7ème Art.

J’espère que le pays « d’Adieu Bonaparte » sauvera le génial auteur du « Destin »…

mardi 10 juin 2008

Non.



Il est curieux ce rapport que nous avons à la politique. Les partis, on n’aime pas. Le suffrage universel on trouve ça fascinant…ailleurs. Parce que voter, élire des gens qui nous ressemblent et les accréditer pour nous représenter, ce n’est pas trop notre truc. On n’y croit pas.

Car au fond le pouvoir, le seul pouvoir qui compte, c’est celui de l’argent. Du coup les riches ne votent pas, parce que voter c’est partager. Les pauvres ne votent pas, car il y a risque qu’ils fassent gagner la loterie au voisin, à ce semblable qui leur ressemble tant.

Puis comme les élections se font de toutes les façons, que dans tous les cas des personnes sont quand même élues avec quota « populaire », « riche », « genre », « région » etc…et qu’on est « forcé » de les « supporter" pendant au moins un mandat…on s’énerve parce qu’on réalise que la vie de la Cité est quand même gérée par des gens qui nous ressemblent.

C’est triste. Peut-être pas. Mais, à force de dire non à tout va à la politique, on risque de perdre toute légitimité et finir par être des « Non ».

dimanche 1 juin 2008

Le Maroc des marocains



L’autre jour en parcourant un article racontant l’incroyable succès populaire du festival Mawazine de Rabat, je me suis dit, oui, le Maroc, c’est vraiment ça. Des dizaines de milliers de marocains ont envahi les rues de la capitale. Ils ont chanté, dansé, rigolé, se sont disputé sans doute un peu aussi, plaint d’une certaine pagaille ici ou là, mais après ils sont rentrés chez eux. Parfois heureux. D’autres fois déçus. D’autres fois encore pas contents du tout que tant d’argent soit dépensé pour un festival alors que la société a du mal à s’en sortir.

Oui, le prix du baril de pétrole. Les problèmes de pouvoir d’achat. Les coupures d’électricité prévues cet été. Ces salaires qui stagnent…En colère oui. Beaucoup de marocains le sont parce que la vie est dure. Mais, et c’est là où cela devient passionnant, passionnément marocain, la colère passe. Comme la caravane…Si on peut s’amuser, se réunir autour d’un spectacle, oublier la dureté de la vie pendant quelques jours autant en profiter. Joyeusement.

Le Maroc c’est cela aussi. Surtout. La violence, les gens n’aiment pas trop ça. Un festival c’est fait pour se divertir et les marocains se divertissent tout en râlant bien sûr. Que l’on aime ou pas les festivals, ils sont une preuve incontestable de la maturité de notre société.

Que ce soit à Rabat, Fes, Dakhla, Tan-tan , Essaouira , Tanger , Saïdia, Sefrou, ces rencontres massives, pour le coup vraiment spectaculaires, entre marocains , toutes classes sociales confondues, en plein air, dans les rues du pays, sont une preuve que le Maroc est une vraie grande Nation où le rêve est effectivement encore possible.

samedi 31 mai 2008

Le monde est mon métier...



Le monde est mon métier. C’est le titre d’un bouquin. Un livre-entretien entre deux journalistes qui racontent leur traversée d’un monde qui n’est plus : celui de la décolonisation pour l’un et de la fin d’un certain communisme pour l’autre. Intéressant. Mais je dois avouer que si je l’ai lu ce n’est pas pour les très respectables journalistes Jean Lacouture et Bernard Guetta, mais pour le titre.

J’aurai aimé y penser à ce titre. Il me parle. Il est la réalité de tous ceux qui ont le privilège de vivre le monde dans leur quotidien. De l’aimer, de lui accorder du temps, de l’excuser pour ses retards, ses imperfections, sa puissance, ses faiblesses, ses folies…

Ne pas juger, mais observer. Ne pas condamner, mais tenter de comprendre. S’inquiéter sans désespérer. Etre subjectif, sans avoir le sentiment de tricher. Ecouter son cœur sans jamais oublier sa raison… Etre révolté sans violence. Mettre le couteau dans la plaie non pas pour tuer, mais alerter.

Avoir le monde pour métier …Cela peut sembler vague. Arrogant et naïf à la fois. Mais n’est ce pas quelque part le métier de tout citoyen du monde ?...

vendredi 23 mai 2008

La Haine en nous



La chasse aux sorcières au Kenya a fait plus d’une dizaine de morts. Des femmes de 70 ans à plus accusées de sorcellerie ont été brûlées vives dans ce superbe pays. Des dizaines de personnes ont été arrêtées par les autorités kenyanes pour ces crimes abominables. S’accrocher en l’humain qui est en nous lorsqu’il n’y a plus rien d’autre. Mais quand la folie humaine prend le dessus sur notre humanité, c’est la raison qui est en cause. Rien d’autre que la raison.

En Afrique du Sud les townships de Jo’Burg sont devenus des territoires interdits pour les étrangers pauvres. Immigrés légaux ou clandestins zimbabwéens, mozambiquins sont chassés comme des bêtes par des gens de la même condition sociale qu’eux. L’inquisition de pauvres par des pauvres. Une horreur sociale et politique absolue dans cet immense pays riche, où il y a moins de vingt ans la théorie du surhomme blanc et du sous-homme noir était encore érigée en politique d’Etat.

La semaine dernière cette haine entre semblables avait éclaté à Berriane (Algérie), une région où deux communautés se sont violemment confrontées pendant plusieurs jours. Pendant quelques jours des gens qui se côtoient tous les jours depuis toujours se sont déclaré la guerre. Cette violence communautaire n’a pas fait autant de victimes qu’au Kenya ou en Afrique du Sud, mais pendant quelques jours, seule la déraison s’est exprimée.

Les conflits ethniques et communautaires sont le pire ennemi de l’humain qui est supposé être en nous. Car quand ce « supposé » humain cède à la tentation de la théorie du Sur-Homme et Sous-Homme, c'est la civilisation... humaine qui s'effondre.

vendredi 16 mai 2008

Contre l'oubli



Il y a cinq ans des types fâchés avec la vie décidaient de faire couler le sang dans le Royaume. Ce vendredi-là, tiens on est vendredi, des citoyens ont été assassinés par d'autres citoyens au nom de...rien.


mercredi 14 mai 2008

Les morts et la politique




A Rangoon, capitale de la Birmanie, un cyclone a fait des dizaines de milliers de morts. Tout "le monde" veut y aller pour aider les populations sinistrées. Mais le pouvoir Birman en place se méfie du coup de cœur humanitaire international pour ses citoyens. Alors il filtre l’aide. Il fait gaffe de ne pas laisser passer de la nourriture politique susceptible de devenir un poison pour le régime. Le cyclone aurait tué « un peu moins » de 30.000 personnes selon le pouvoir. Le chiffre serait de près de 100.000 selon les organisations humanitaires internationales…

Dans la province chinoise du Sichuan un séisme a fait des milliers de morts. Enfin il est pour le moment encore question de 13.000 morts. Le « chiffre » pourrait doubler, tripler, même quadrupler…Une catastrophe naturelle dans un pays de près de 2 milliards d’habitants cause de gros dégâts humains en général. Certains médias parlent déjà « d’annus horribilis » pour « cette » Chine qui doit organiser les jeux olympiques cet été 2008. La catastrophe est naturelle, les morts sont des femmes, des hommes et des enfants, mais l’exploitation politique n’est jamais très loin.

Les marchés de la ville de Jaipur, région touristique indienne, ont été explosifs ce mardi. Huit attentats à la bombe quasi-simultanés ont fait 80 morts et 200 blessés sur des marchés de cette ville située à moins de 300 kilomètres de Delhi, la capitale de l’Inde. Un attentat est un acte purement politique. Même s’il a encore du « mal » à concurrencer les attentats de la Nature en termes de victimes, son impact sur la/les conscience(s) humaine(s) est plus important. Il est médiatiquement plus porteur.

Aucun pays ne fera la guerre à un autre pays à cause d’une catastrophe naturelle. N’importe quel pays « peut » faire la guerre à un autre pays à cause d’un acte politique violent. Mais dans le village Orwellien actuel, une catastrophe naturelle peut devenir un instrument politique aussi pervers qu’un attentat. Le nombre de victimes n’importe que très peu. Et il ne compte que lorsqu’il y a enjeu politique.

jeudi 1 mai 2008

Yes!!...



UN council urges realism in Western Sahara dispute
Thu 1 May 2008, 8:05 GMT
By Claudia Parsons
UNITED NATIONS (Reuters) - The U.N. Security Council passed a resolution on Wednesday calling for "realism" in Western Sahara in what diplomats saw as a boost for Morocco in its dispute with the Polisario independence movement.

The council passed the resolution unanimously after several hours of haggling over the details and despite strong objections by South Africa and Costa Rica to language they said implied support for Morocco in the dispute.

Earlier in April, the U.N. mediator (ndlr Peter Van Walsum) on Western Sahara sparked division in the Security Council when he told members independence for the disputed territory was unrealistic(...)


Pour ceux que ça interesse, lire aussi cet article signé du dr Charles Kawanza BI à l'adresse: www.sudonline.sn/spip.php?article10720

jeudi 24 avril 2008

Interrogations…




La chine est le pays le plus peuplé du monde. Avec l’Inde c’est probablement la plus grande future puissance économique de la planète. Economique et pas démocratique. Alors que l’Inde est considérée comme une démocratie, la Chine, elle, ne l’est pas, parce que démocratique elle ne l’est pas.

Mais depuis que la Chine s’est éveillée et que le monde n’en finit pas de trembler, plusieurs questions se posent. Je choisis au hasard celle-ci : pourquoi l’Inde, pays de l’indhouisme, des castes, des conflits ehtnico-religieux a-t-elle une meilleure image dans les grandes démocraties occidentales que l’Empire du milieu ?

La chine exécute encore beaucoup de gens, envoie des opposants en prison, refuse de considérer le Dalaï Lama comme le leader spirituel du Tibet, territoire autonome comme toutes les grandes régions de Chine, et le régime est encore communiste, même si la politique économique du pays est libérale pour ne pas dire ultralibérale…

En Inde, pays du Commenwealth et du Mahatma Ghandi, la peine de mort est abolie, les gens ne vont pas en prison pour leurs opinions, le système politique est démocratique et l’économie libérale. De graves dissensions territoriales (kashmir) ont existé –et persistent- avec le Pakistan né juste après l’indépendance de l’Inde contre la volonté du mahatma, le gap entre très riches et ceux qui attendent de passer d’une classe à une autre après… leur mort (hindouistes) est encore une réalité, des conflits religieux opposant sikhs, hindous et bouddhistes existent encore…

Mais, l’image de l’Inde est de très loin meilleure que celle de la Chine dans le monde. Elle est en fait incomparable. Pour des raisons vraisemblablement plus liées à la symbolique qu’autre chose.

Entre Mao Tsé Toung l’homme de la sanglante révolution culturelle chinoise et fondateur de la Chine moderne et le Mahatma Ghandi, le père de la non violence et de l’indépendance de l’Inde, il n’y a pas photo. Le dernier est à la mode. Le premier est un has been, renié même par ceux qui furent ses plus grands adeptes dans le « monde » occidental.


jeudi 17 avril 2008

Débris du monde...



Qu’est ce qui est prioritaire ce jeudi 17 avril 2008: la mort d’Aimé Césaire, l’un des derniers grands intellectuels du XXème siècle? Les funérailles de 18 palestiniens tués mercredi à Gaza? Le plus vieil arbre du monde qui aurait 10.000 ans et logerait en Suède ? Le passage de la torche olympique en Inde, pays hôte du Dalaï Lama ? La situation post électorale chaotique au Zimbabwe ? L’accessibilité sur le net de documents originaux de « L’origine des espèces » de Darwin (Charles) interdit d’enseignement dans plusieurs contrées du monde?

Moins de vingt minutes après l’ébauche de ce non billet, deux palestiniens ont été tués à Gaza, un attentat suicide a fait plus de 51 morts dans le nord de l’Irak et l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle française, Mme Ségolène Royal a demandé le Panthéon pour Aimé Césaire, le patriarche de la négritude…

jeudi 20 mars 2008

Amérique et guerre d’Irak…




L’invasion de l’Irak était « juste ». Cinq ans après le président américain, M.George Bush n’en démord pas : l’Irak d’aujourd’hui est meilleur que celui d’hier et moins bien que celui de demain.

Les dizaines de milliers de civils tués, les pendaisons immondes de tous les ex leaders irakiens, les corps des deux fils de Saddam Hussein exposés tels un trophée au début de la « guerre », les 600 milliards de dollars dépensés pour mettre le feu dans cette région si à fleur de peau…Sans oublier bien sûr les 4000 soldats américains tués qui ont été trompés sur les raisons réelles de cette guerre commise contre l’avis du Conseil de Sécurité…Tout cela est-il humainement et politiquement assumable?

En 2003, 88% d’américains étaient en faveur de la guerre. Aujourd’hui, ils seraient, d’après le Pew Research Center (PRC), près de 54% à estimer que cette guerre était une erreur. Toujours selon le PRC, seuls 49% des américains souhaitent désormais que les troupes soient renvoyées aux Etats-Unis, alors que 47% préfèreraient voir les marines rester sur place tant que la situation n'est pas entièrement stabilisée.

Les candidats américains aux présidentielles de novembre prochain ont chacun un avis sur cette guerre. Le républicain McCain déjà investi par son camp ne renie rien. La candidate démocrate Hillary Clinton estime aujourd’hui que cette guerre était une erreur, mais elle avait voté en faveur de la guerre lorsqu’elle était sénateur. Tandis que Barack O’Bama , son challenger démocrate, s’est toujours exprimé contre la guerre d’Irak. Précision toutefois, à l’époque où la guerre a été votée par le Congrès et le Sénat américain, l’actuel candidat n’était membre ni du Sénat ni du Congrès américain.